« Souk Parking » Par le photographe Zakaria Wakrim.

Photographe Zakaria Wakrim, Flickr.
En fait, une ville ce sont des visages, des corps qui bougent, se confondent, se disputent, s’enlacent, se déchirent, des foules qui se pressent devant un marchand de poulpe, un cercueil qui passe, du linge qui sèche sur un balcon ou entre deux immeubles dans une rue étroite, un peu de suie sur la pierre, du néon qui clignote, des odeurs de cuisine, un parfum de vieille dame, un autobus en panne dans une rue très passante, des Gitans qui tendent la main, d’autres qui fouillent dans votre sac, une galerie vide le matin, pleine d’immigrés le soir, un café tous les cent mètres, des enfants qui traversent sans faire attention, des rumeurs, de la fumée qui monte au ciel, des amoureux qui se croient seuls au monde, des nuages qui s’amassent, une voiture de pompiers bloquée dans une ruelle, un libraire qui chante, un mendiant qui joue de l’accordéon, une lumière descendant lentement du ciel, une femme qui pleure la tête contre le mur, un tramway arrêté, un funiculaire qui monte, un autre qui descend, une actrice qui se tord la cheville, un mangeur de pizzas qui la regarde, un poète qui perd la tête, un vieux matelas couvert de taches de sang et de sperme sur le trottoir, une télé morte, un réfrigérateur cassé, une publicité pour des serviettes hygiéniques, une autre pour des couches, un balcon qui penche, un jour il tombera sans tuer ou en tuant des passants, la place du Plébiscite ouverte aux artistes, le palais royal s’ennuie, les églises se remplissent de touristes, l’odeur du café le matin, l’odeur du pain grillé et moi qui me réveille après une longue nuit d’un bon sommeil…C’est ça une ville vivante… L’auberge des pauvres, Tahar Ben Jelloun.

« Play it » Par le photographe Ali Berrada.

sans-titre

Photographe Ali Berrada, Page Facebook.

Quelquefois, je me disais qu’il passait peut-être toute une journée sans penser une seconde à moi. Je le voyais se lever, prendre son café, parler, rire, comme si je n’existais pas. Ce décalage avec ma propre obsession me remplissait d’étonnement. Comment était-ce possible. Mais lui-même aurait été stupéfait d’apprendre qu’il ne quittait pas ma tête du matin au soir. Il n’y avait pas de raison de trouver plus juste mon attitude ou la sienne. En un sens, j’avais plus de chance que lui. Passion Simple, Annie Ernaux

L’interview du Photographe Wahid Rouhli.

C’est devenu une tradition ici sur cet espace de livrer parole aux photographes marocains pour nous parler un peu de la passion photographique. Cette fois c’est au photographe marocain Wahid Rouhli de nous parler un peu de cette passion qu’il entretient chaque jour ; de nous livrer un peu sa vision de ce qui est la photographie. Je vous souhaite bonne lecture et si vous avez l’envie de subir l’interview ; il vous suffit de prendre contact avec nous via ce formulaire de contact et de mentionner « Demande d’interview » dans le corps du message.

Apprendre Photographie : Parle nous de Wahid le photographe

Wahid Rouhli un jeune marocain de Casablanca issue d’un milieu très modeste d’un père peintre ‘Said Rouhli’..  mon histoire avec l’art est née quand je voyais les tableau de mon père partout dans la maison, je me suis dis qu’il me faudrait un moyen pour exprimer mes pensé ainsi et en étant amoureux de tout ce qui est matériel et engin j’ai trouvé mon amour dans l’appareil photographique.

Apprendre Photographie : Votre genre photographique préféré ? Si vous avez une préférence parlez nous du pourquoi de ce choix.

Ma photographie préféré est celle des portraits et paysages car je sens que je laisse une trace de mon passage ainsi de celui que je prend en photo sur terre.

Apprendre Photographie : Comment vous avez pris contact avec la passion photographie ? L’histoire de votre passion en quelque sort !

je me rappel bien de mon premier appareil photo qui était une fujifilm jetable! “j’ai du ne pas la jetter”  lors d’un voyage avec la famille a la compagne j’avais mon APN avec moi et j’ai commencé a prendre des photo et c’est la ou j’ai compris que c’est un moyen me permettant d’exprimer toute idées qui me traverse la pensé.

Apprendre Photographie : C’est facile d’être photographe amateur au Maroc, quel sont les choses qui bloquent votre créativité artistique ?

je trouve que le Maroc est un très bon endroit pour faire exprimer sa passion et sa créativité artistique mais personnellement s’il y a un seul blocage chez moi ça sera tout simplement le temps car je fais cadencer entre plusieurs tâches en même temps et ce n’est pas évident.

Apprendre Photographie : J’ai vu que vous avez beaucoup d’occupation dans votre vie, faites comment pour trouver le temps de la photographie ?

la photographie pour moi est un sujet auquel je tien a cœur c’est une passion extrême qui vient juste après ma vie professionnel! je lui consacre presque tout mon temps libre pour améliorer ma touche de créativité a partager mon savoir faire et une chose qui peut expliquer tout ça c’est que peut importe ou je suis j’ai toujours mon APN avec moi.

Apprendre Photographie : Le photographe dont vous avez une admiration particulière pour l’ensemble de son travail ? Parle un peu de lui.

j’aime le travail de tout nos grands photographes marocains! la liste est longues mais je voudrai citer deux personnes qui m’inspirent beaucoup : OUCHEN Ziri et Leila GHANDI.

Apprendre Photographie : La photo au Maroc?

j’ai pas encore fais une très grande exploration des lieux de la photographie au Maroc mais les quelque ville que j’ai dû passé par! me disent qu’il y a une source de fantaisie et il faudrait tout simplement être créatif et ce ne sont pas les lieux qui font de la photographie meilleur

Apprendre Photographie : Qu’est ce qu’il faut pour que la photographie marocaine prenne place comme l’a déjà fait la peinture marocaine ?

tous simplement par l’union des photographes marocains et un petit cou de pousse de la société pour les encourager.

Apprendre Photographie : Je vous laisse le mot de la fin

je vous remercie beaucoup pour le temps que vous m’avez accordé ainsi bon courage dans votre quête.

Merci pour avoir donné cœur a cet interview.

Continue reading

« Beautiful Face » Par le photographe Mehdi Tazi.

8604081085_17922cf20f_o

Photographe Mehdi Tazi, Flickr.

- Parce que tu es un pro-lé-taire ! lui assena-t-il d’une voix forte.
Mehdi eut envie de pleurer. Il ne connaissait pas le mot mais il sonnait comme une injure. Pourquoi ce barbu l’insultait-il ?
-Toi et moi, nous sommes prolétaires. Tu es marocain, je suis français, mais au fond nous sommes frères, nous partageons une même condition, un même destin : nous sommes les damnés de la Terre ! Nous voici face à face, dans cette salle de Lyautey : c’est dans l’ordre des choses. C’est ainsi, cela a toujours été ainsi : le prolétaire surveille le prolétaire, pour le plus grand profit du système. Les flics, les sans-grades, les mokhaznis, ce sont tous des prolétaires. Et ils cognent sur qui ? Sur d’autres prolétaires, leurs semblables, leurs frères ! Tous tes petits camarades sont chez eux entrain de manger de la broche, M’chiche fouette ses serfs, les rupins de mon age sont entrain de skier sur l’Oukaïmeden, comme ce facho de Dumont, le soleil brille au-dehors et nous feux, qu’est ce qu’on fait ? On s’enferme dans une salle de classe pour que je te tienne à l’œil ! C’est ça la logique du système. Une année chez les français, Fouad Laroui.

« Gnawi » Par le photographe Ismaili Alaoui Othmane.

8522882524_3a59a5e8c0_b

Photographe Ismaili Alaoui Othmane, Flickr.

C’est qu’en effet aucune inspiration subite ne saurait remplacer le long travail indispensable pour donner aux yeux la connaissance des formes et des proportions et pour rendre la main docile à tous les ordres du sentiment. Et quand je dis que le métier doit se faire oublier, mon idée n’est point du tout que l’artiste puisse se passer de science….. Est laid dans l’Art ce qui est faux, ce qui est artificiel, ce qui cherche à être joli ou beau au lieu d’être expressif ce qui est mièvre et précieux, ce qui sourit sans motif, ce qui se manière sans raison, ce qui se cambre et se carre sans cause, tout ce qui est sans âme et sans vérité, tout ce qui n’est que parade de beauté ou de grâce, tout ce qui ment. Artiste, Auguste Rodin.

Le photographe Lhoucine Boubelrhiti (PhotoAyour).

Il s’appelle Lhoucine Boubelrhiti, passionné de photographie et il nous vient de la ville de Missour. Un amateur de la photographie qui partage ses clichés entre les paysages et les portraits. Un style encré dans la recherche et l’innovation graphique. Un avenir de la photographie marocaine avec un brin de créativité dans la composition et le cadrage des scènes banales de la vie.

photo_4172

Question 1 :  Raconte-nous ton histoire avec la photographie?

Je suis technicien de formation, enseignant de profession et photographe d’appartenance artistique. Mon histoire avec la photographie a commencé par pur hasard en 2002 quand j’avais prêté un Minolta OM-1 d’un ami, photographe ambulant pour un voyage, avant de le faire mien. La passion de la photo l’emporta ainsi sur celle de la peinture que je pratiquais, et quand j’ai découvert le magazine marocain News Photo, le numéro 12, la photo s’est imposée et devenue une pratique quotidienne, une manière de m’exprimer et d’appréhender le monde en me posant des questionnements au lieu de donner des réponses.

Question 2 : les photographes qui t’ont influencé et qui t’influencent encore ?

Comme tout le monde, les grands pionniers de la photo ont influencé mon regard et ma sensibilité à la lumière. Willy Ronis, Henri Quartier-Bresson, Sebastiao Salgado, Josef Kodhelka et d’autres maîtres de la photo humaniste. En passant par Jean Christophe Béchet, Didier Goupy, Nicolas Comment, Denis Dailleux, des contemporains dont l’œuvre ne cesse de m’influencer. Sans oublier les marocains Thami Benkirane, Hicham Benouhoud. Mais comme ma pratique photo s’ouvre sur plusieurs horizons et n’est pas cantonnée dans un seul style, je m’inspire aussi de la poésie, de la peinture, de la musique et la psychologie.

Question 3 : Ton avis sur la photographie marocaine ?

En reprenant les mots du photographe marocain Ali Chraibi, « la photographie au Maroc est flatteuse ». C’est dire qu’elle n’a pas encore atteint cette maturité comme dans les pays d’Occident surtout. A part quelques noms peu nombreux, résidents en étranger, les photographes marocains n’ont pas encore pu imposer leurs noms sur la scène internationale mais avec l’effervescence de la nouvelle génération, l’avenir me semble prometteur.

photo_4170photo_4171 resize

5950_573461256006725_2108383446_n

« Bonté de la femme et du pain » Par Ziri Ouchen.

Photographe Ziri Ouchen, Flickr.
Nous étions plusieurs enfants à pleurer la mort de mon oncle. Avant je ne pleurais que lorsqu’on me frappait ou quand je perdais quelque chose. J’avais déjà vu des gens pleurer. C’était le temps de la famine dans le Rif. La sécheresse et la guerre. Un soir j’eus tellement faim que je ne savais plus comment arrêter mes larmes. Je suçais mes doigts. Je vomissais de la salive. Le pain nu, Mohamed Choukri.