Interview du photographe George Brassaï.

Le photographe hongrois Brassaï, pseudonyme de Gyula Halász, se livrait en avril 1970 à un autre photographe, le britannique Tony Ray Jones. L’entretien sera publié dans les colonnes de la revue Creative Camera. Aujourd’hui, il est disponible en libre consultation sur le Net. Photo Memory vous propose une première partie de cette interview en version française.

Où l’on (ré)apprend que George Brassaï n’est pas tombé dans la photographie quand il était petit, mais que sa vision photographique des choses lui est venue sur le tard, au hasard de ses balades nocturnes dans Paris. Le photographe hongrois détaille sa conception de la photographie, tant au moment de la prise de vue qu’au moment du tirage. Plus anecdotique : il relate également son unique rencontre avec un certain Eugène Atget. Entretien…

Tony Ray-Jones – Comment se sont déroulées les premières années de votre vie ?
Brassaï - Je suis né en Transylvanie, en 1899. Mon père était alors professeur de littérature française. Il a vécu à Paris, il adorait cette ville et étudiait à La Sorbonne. Quand j’ai eu 5 ans, mon père nous a fait venir, moi et ma famille, à Paris pendant un an. Mon père a toujours pensé que je devais vivre en France, même quand j’étais petit. Comme j’étais Hongrois, je ne pouvais venir tout de suite en France. La Hongrie était en guerre aux côtés de l’Autriche, contre la France et la Grande-Bretagne. J’ai dû donc attendre, et suis allé à Berlin, où j’ai rencontré Kandinsky, sa femme et le collectif Der Sturm.

T.R-J – Que faisiez-vous avant de vous consacrer à la photographie ?
B - J’ai étudié la peinture à l’école des Beaux Arts, à Budapest, puis à Berlin. Mais je ne travaillais pas beaucoup. J’ai été inscrit pendant deux ans. J’ai été admis à Berlin en 1921 et ensuite je suis allé à Paris. Je n’ai pas peint pendant 5 à 6 ans ; la vie était très intéressante et j’en ai profité un peu. J’ai fait un peu de journalisme pour survivre, en écrivant pour des journaux en Allemagne et en Hongrie. En 1930, je me suis mis à la photographie, et en 1933, j’ai publié mon livre « Paris de Nuit ».

T.R-J – Diriez-vous qu’il est plus important pour un étudiant d’avoir un enseignement général en Art et en Peinture que de suivre un enseignement dédié uniquement à la Photographie ?
B - Je pense que l’éducation et l’intelligence sont importantes, mais pas l’Art. Pas l’éducation artistique. Parce que lorsque vous prenez une photographie, vous pouvez être largement influencé par ce que vous avez appris en Peinture, et c’est ce qui m’arrive souvent. Inconsciemment, je réalise des choses selon Toulouse-Lautrec, Degas ou peut-être même Van Gogh. Ce n’est pas volontaire, mais seulement parce que nous avons une culture de la peinture. Ça ne pourrait sans doute pas arriver à un jeune américain, qui n’a jamais vu de toiles et qui réaliserait alors quelque chose avec un regard totalement nouveau. C’est possible. Et une chose est certaine pour moi, on ne photographie pas seulement avec ses yeux mais avec toute son intelligence.

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Interview de la photographe Khouloud El Jazouli.

Le photographe de la semaine est une excellente découverte, cette fois c’est une photographe bien sensible dans sa créativité féminine ; elle s’appelle Khouloud El Jazouli Facebook et elle nous vient de Rabat. On peut dire que c’est la Ben Heine marocaine, côté talent il y a de quoi : admirez son travail ICI. Je n’ai jamais pris autant de plaisir à mener une interview comme il m’est arrivé cette fois avec notre photographe de la semaine. Elle sait user des mots justes pour exprimer sa passion pour la photographie ; une artiste est en train de constituer son monde et on ne peut que lui souhaiter une très grande réussite dans ce qu’elle a entreprend. Son travail artistique, mélange à la fois de  dessin et de photographie, m’a beaucoup marqué, un grand écart que peu d’artistes peuvent réussir avec une aussi insolente audace. Sans plus attendre je vous laisse avec son interview, un déclic est né entre la poésie, le dessin et la photographie ; triple plaisir ! Bonne lecture.

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Apprendre photographie : Parle nous de Khouloud la photographe !

Khouloud : 1994, née à Rabat dans un environnement qui s’est toujours nourri d’art et qui s’est promis de donner à cet art toutes ses lettres de noblesse. J’ai un regard avant tout humain, curieux…  Je suis dotée d’une imagination débordante, je possède un œil qui capte et un objectif qui retranscrit.  Je me nomme boîte à outils : Je joue de la musique,  je dessine, je peins et je photographie. Je suis un être qui essaye de raconter des histoires en une fraction de seconde. Mon but est de ressortir la beauté d’un endroit banal et de la sublimer. J’utilise la photo pour pénétrer des univers qui m’attirent, me fascinent et me ressemblent. Parfois, ça m’arrive de perfectionner mes clichés avec une couche de crayon, cela me permet de mélanger mes deux arts : La photographie et le dessin.  Ma passion pour la photo, mon envie de découvrir et ma soif de créativité m’ont plongé dans ce monde comme une quête personnelle de liberté.

Apprendre photographie  : Comment a débuté ta passion pour la photographie ?

Khouloud : Il était une fois, mon appareil photo et moi. Une histoire d’amour a commencé… Mon début, si j’ose dire, sort un peu de l’ordinaire. Vous l’aurez sûrement compris : Mon histoire, contrairement aux autres, n’avait donc pas commencé depuis ma tendre enfance ou depuis que j’ai reçu mon premier appareil photo, etc, etc…  Incroyable mais vrai, c’était à l’âge de 15 ans, au lycée, quand un professeur de physique s’est absenté pour la première fois durant toute l’année scolaire. La photo m’avait donc servi comme remède contre l’ennui. Entourée par une bande d’amis très intéressante, ils ont donc réussi le rôle de modèles avec succès, et bien sûr, je me prenais pour la petite photographe. Et c’est juste après que je m’étais éblouie par les portraits que j’ai pu réaliser. Finalement, j’ai décidé de ne pas arrêter et de continuer.

Apprendre photographie  : Entre dessin et photographie, qui commande qui ?

Khouloud : Entre dessin et photographie, c’est la pagaille. Pour être honnête, c’est la photographie qui gouverne. Je n’utilise le dessin que pour ajouter une touche personnelle à mes photos et pour faire fusionner la réalité avec ma propre imagination. Le résultat est à la fois original et captivant.

Apprendre photographie  : Comment fais-tu pour t’inspirer ?

Khouloud : L’inspiration me vient en travaillant. Je vis le moment même et je me procure du plaisir en essayant toutes les idées qui me traversent l’esprit. À par ça, je m’amuse à visiter régulièrement des portfolios de photographes professionnels et quelques sites de partage photo, notamment DevianArt et Flickr.

Apprendre photographie  : Comment vois-tu l’expression photographique marocaine, l’état des lieux de la photographie marocaine ?

Khouloud : La photographie au Maroc a beaucoup évolué durant ces dernières années.  Un pays avec de beaux paysages,  beaucoup de montagnes, des écarts élevés entre ombres et lumières, des rues étroites où la lumière tamisée pénètre difficilement et des habitants dynamiques… C’est un défi très intéressant. Expositions, reportages documentaires, qualité, diversité, fraîcheur, finesse, splendeur des tirages marocains parlants, les arguments témoignant de la richesse de la photographie marocaine ne manquent pas.

Apprendre photographie  : Le ou les photographes qui t’ont marquée, parle-nous d’eux.

Khouloud : Depuis que je pratique la photographie, j’ai été marquée par un grand nombre de photographes marocains et étrangers.  Mais je voudrais vous parler aujourd’hui d’une photographe particulière, marocaine bien sûr,  une aventurière qui m’a tant attiré avec ses clichés provoquant et aspirants. Leila Ghandi a toujours su faire vibrer ma corde la plus sensible. Née à Casablanca, dans un environnement qui lui a donné l’envie de prendre en main son destin et la liberté de suivre sa route,  elle a choisi de parcourir le monde en solitaire dès l’âge de  15 ans avec son appareil photo, sa caméra et son stylo pour dresser un portrait humain et raconter à sa façon l’histoire des différents peuples autour du monde.  Et voilà donc une vie dont j’ai toujours rêvé ! Elle est aujourd’hui écrivain, photographe, et réalisatrice indépendante spécialisée dans le portrait documentaire. Ses photographies font l’objet d’expositions à travers le monde, de la galerie 127 de Marrakech jusqu’à l’Artlounge de Beyrouth et ses films documentaires sont diffusés à la télévision marocaine. Elle est l’auteur de « Chroniques de Chine », un recueil de textes et de photographies très éblouissant, que je vous conseille d’ailleurs de feuilleter, publié au Maroc et à l’étranger.

Apprendre photographie  : Histoire d’une photographie.

Khouloud : Un été chaleureux, pendant que je me promenais dans les petites rues d’Asilah, mon bijou au cou, plusieurs sujets avaient attirés mon attention. Je me régalais à photographier tout et rien. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans cet endroit. Grande admiratrice d’architecture marocaine que je suis, j’ai adoré l’ossature de cette place. Je me suis mise à photographier la belle porte artisanal qui représente l’arrière plan de ma photo et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de ce beau couple. Petit flash-back : à un certain moment deux personnes se sont présentées et je les ai laissées passer devant. Il s’est avéré que le Monsieur est un vieux photographe. J’ai beaucoup hésité avant de lever mon appareil photo, ayant peur de ne pas respecter leur vie privée. Je n’ai pas pu m’en empêcher et j’ai fini par oser. J’ai pris ce cliché avec une grande vitesse. C’est alors que le Monsieur s’est retourné et me voilà  démasquée. Je me suis sentie gênée, il m’a sourit et il s’est présenté avec modestie. Je lui ai montré le cliché et il a adoré. « Ne soyez pas spectatrice, soyez participante. Voulez-vous me prendre en photo avec ma femme s’il vous plait ? » A-t-il dit. Il m’a tendu son appareil photo…

Apprendre photographie  : Astuce ou conseil pour les photographes qui nous lisent.

Khouloud : Je vous conseillerais ce que le Monsieur m’a conseillé : Ne soyez pas spectateur, soyez PARTICIPANT !  Pour  pratiquer la photographie, il faut apprendre à vaincre sa timidité. Vous ne devrez pas être un simple observateur lointain, vous devez être dans la scène et en faire parti. Photographier signifie se rapprocher de l’espace le plus personnel des gens.  S’adapter à cette énergie nécessite une réflexion et une réaction rapides. Ne cachez pas que vous faites de la photographie. Attirer l’attention des gens, éveillez leur curiosité, et captez leur étonnement et leurs regards posés. Je ne fais pas parti de ceux qui pensent que le matériel a une grande importance. En ce qui me concerne, tout appareil convient : Du jetable jusqu’au reflex ! Parfois, il m’arrivait même de prendre des photos avec mon portable quand une scène intéressante se présentait devant mes yeux.  Si quelqu’un refuse de se faire photographier, ne le prenez pas en photo. Enfin, souriez, souriez souvent. Parce que l’important, c’est de s’éclater…

Apprendre photographie  : Peut-on vivre de la photographie au Maroc, en tant qu’artiste photographe?

Khouloud : Si l’on a du talent, du vrai, alors pourquoi pas ? Vivre de son art est une grande joie, c’est un luxe qui n’est pas donné à tout le monde. N’empêche, cela peut nous amener parfois dans de sombres voies de garage… C’est un peu comme les étoiles, certaines brillent par moments et d’autres passent dans l’obscurité. D’excellents artistes, des photographes marocains entre autres, sont morts dans la misère quand d’autres ont eu un succès mondain et financier. Je dirais alors que c’est question de chance. Pour vivre de la photographie au Maroc, il faut pour cela que le talent soit reconnu et qu’il intéresse des gens qui permettent aux artistes de s’exprimer.

Apprendre photographie  : Ta prochaine actualité : exposition, concours ou projet photographique ?

Khouloud : Depuis mon premier essai, j’ai bien aimé ce jeu qui consiste à combiner le dessin et la photographie. J’ai remarqué aussi que mes créations ont attirés plusieurs personnes. C’est pour cela que je travaille actuellement sur ce projet pour l’améliorer. Les prochaines photos seront très épatantes. Je compte aussi participer au Concours National Geographic Abu Dhabi qui est destiné aux pays du monde arabe. Souhaitez-moi bonne chance !

Apprendre photographie  : Bonne chance, je te laisse le mot de la fin.

Khouloud : Je profite de ce petit mot pour remercier tout d’abord Apprendre Photographie pour cette initiative, qui permettra aux gens de mieux me connaitre et je lui souhaite une très bonne continuation. Pour finir, j’invite tout les lecteurs à découvrir plus de mes photos pour ressentir tout le plaisir que j’ai pris à les faire. Rejoignez-moi, je vous promets une belle rencontre…

Interview du photographe Cafard Cosmique/Ziri Ouchen.

Il est donc temps d’accueillir le photographe marocain Ouchen Ziri ; connu sous le pseudo [Cafard cosmique] sur Flickr. Il est l’un des premiers photographes marocains dont j’ai pu faire connaissance sur cette plateforme de partage de photos, une raison supplémentaire. Il est un des rares qui valorise l’aspect créatif de la photo au-delà des connaissances dans le domaine que photographique, pour lui tant que tu aimes la photographie c’en est une raison suffisante. Il est aussi prêt pour donner  ce conseil utile pour maximiser la beauté dans une prise. Je le considère comme un maitre, le sens de la photographie est pour lui d’abord cet instant de réflexion et d’échange.

Les photos publiées sur sa galerie Flickr sont là pour vous mettre un peu d’eau dans le moulin.  Sa maitrise des sujets divers et variés m’a toujours ébloui, entre le portrait ; le coucher du soleil et marquer dans une photo l’ensemble des coutumes et traditions d’un pays comme le Maroc. Il est pour moi cette artiste peintre qui n’a de moyen de s’exprimer son art par cette appareil photographique qui lui permet de mettre l’objectif sur le subjectif. Sa prise de photo se base sur une idée marquée sur l’espace/temps pour en faire le repère ultime pour tout chacun de nous. Sans plus attendre a vous de lire ce court jeu de questions-réponses. Merci !

Apprendre Photographie : Je vous remercie pour avoir donné du souffle à cette initiative. Comment tu te présentes en tant photographe ? Une biographie ne serait pas de refus !

Ziri : Je m’appelle OUCHEN Ziri. Je suis né 1963 à Rabat dans un milieu fort modeste. J’ai une formation supérieure en gestion. J’ai commencé la photo dans ma seconde moitié des années 90 du siècle dernier. J’ai appris seul la technique, je continue à le faire et j’ai beaucoup à apprendre. Moi : On aimerait bien savoir plus sur le matériel que vous utilisez, la marque et le modèle ?  J’utilise depuis quelques mois un Canon 7d.

Apprendre Photographie : Un canoniste « Marque Canon » qui vient un jour changer pour du nikonisme « Marque Nikon » ne serait’ il pas en train de commettre un blasphème ?

Ziri : Je ne me retrouve pas dans cette controverse qui relève d’une tradition à laquelle ne n’appartenons pas. Je crois que nous sommes nouveaux dans l’usage ludique voire artistique de la photographie et dans  une utilisation de la photographie pour le plaisir. Nous devons développer nos propres controverses loin de tout mimétisme.

Apprendre Photographie : Comment a commencé cet amour de la photographie ? Parle-nous de ton expérience personnelle ?

Ziri : J’ai toujours ressenti une attirance vers les belles photos dont certaines nos parlent si profondément à l’exemple de celles de  Robert Doisneau. Mais il a fallu attendre d’avoir un revenu financier consistant pour commencer la photo durant la seconde moitié des années 90 du siècle dernier. Je me considère comme un autodidacte dans ce domaine car je devais apprendre tout, tout seul.

Je me sens toujours limité dans mon activité en raison du manque du temps, des moyens (sans approche rationnelle et de bons conseils, ça risque de devenir un gouffre financier) et surtout de formation adaptée à mon niveau.

Apprendre Photographie : Au Maroc, a part photographier la nature ou les vielles médinas ; quel endroits et sujets peu ou mal exploités ?

Ziri : Ils sont légions, le nu artistique, la nature morte, le graphisme, le portrait, le reportage thématique, etc.

Apprendre Photographie : La ville, le pays ou les lieux dont vous avez toujours rêvé de travailler en tant que photographe ?

Ziri : Je rêve de faire un tour du Maroc à la recherche de l’âme marocaine …dans sa grande diversité.  D’autres pays  avec une forte identité comme l’Inde.

Apprendre Photographie : « Perdre une photo ça va, mais c’est quand on perd beaucoup de photos qu’il y a des problèmes » que serait donc selon vous le sentiment de quelqu’un qui a perdu tous ses photos ?

Ziri : Perdre toutes ses photos ! Ce serait une tragédie. Une mutilation car il y a toujours quelque chose de soi dans les photos qu’on fait.

Apprendre Photographie : Comment se fait, selon votre conception de ce que devait être la meilleure façon de programmer une virée photographique ? Programmes-tu tes sujets ou c’est un truc qui se passe selon les humeurs ?

Ziri : Moi, dans ce domaine, j’improvise beaucoup ce qui est mon point fort mais aussi mon point faible. J’ai déjà fait des virées photos avec des copains mais j’étais le seul photographe dans le lot.

Apprendre Photographie : Les conditions nécessaires d’une virée photo, selon moi :

Ziri : Choisir les bonnes périodes à cause de la lumière ; Choisir les bons lieux offrant une multitude de sujets intéressants ; Faire un bon tri des participants, affinités, le même code de bonnes conduites ; peut être les même marques pour un échange constructifs, etc.

Un encadrement qualifié qui puisse donner des conseils, des astuces et des orientations. Il doit satisfaire tous les besoins des participants et sur le plan technique et sur le plan artistique.

Apprendre Photographie : Parle nous de cette photo magique qui selon vous marquera a jamais l’année 2010 ? Un lien si possible pour la partager avec les lecteurs.

Ziri : Je ne suis pas pour ce genre d’élection.  C’est trop réducteur. Il peut y des millions sinon des milliers de photos « magique ». Chacune est magique à sa façon.

Apprendre Photographie : Selon vous, le sujet de photographie qui choquera affreusement le public marocain ? Y a-t-il des sujets que pratiquement on n’osera jamais ?

Ziri : Sans Hésiter, le nu artistique.

Apprendre Photographie : Si une occasion de bouder un bon salaire pour pratiquer la photographie comme métier que serait votre réponse ?

Ziri : Gagner ma vie par la photographie ! Non, je n’y pense même pas. Pour moi, ça doit rester une activité non commerciale, pratiquée juste pour mon plaisir et peut-être, pour ceux qui m’entourent.

Apprendre Photographie : J’espère ne vous avoir pas trop fatigué avec mes questions ?! Je vous laisse le dernier mot et encore merci pour avoir répondu présent a cette initiative. Merci

Le photographe Mehdi Tazi.

Il s’appelle Mehdi Tazi, il nous vient de Casablanca et il est très fan de photographie et de la moto. Il fut l’un des premiers membres actifs du web marocain ; présent sur tous les événements et toujours les bons mots pour apporter une fraicheur dans la discussion loin du snobisme qui est la marque de fabrique de certaines rencontres. Un artiste qui maitrise les mots et ça passion pour la photographie ne serait que bien écaillée. Allez on vous laisse avec la lecture de ce petit échange avec notre grand artiste Mehdi. Si vous voulez  participer à nos interviews n’hésitez pas…

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Question 1 : Raconte nous ton histoire de photographe?

Mon histoire avec la photographie remonte à mon enfance où je voyais projeté sur le mur des films de caméra super 8 que mon père filmait. c’est là où la magie des photos va commencer à m’ensorceler.

Par la suite j’aurais l’équivalent d’un compact de l’époque , appareil photo automatique avec pellicule. Un kodak , puis un Agfa. Le temps passant j’utiliserais un argentique nikon , puis canon. Limité par le nombre de pellicules à développer , je devais réfléchir aux photos.Le déroulement de ma vie va suspendre ma passion pour la photo un temps. Jusqu’en 2002où je vais découvrir le téléphone Sagem My X5. Je vais recommencer à faire des photos avec mes téléphones. Les téléphones évoluant , mon critère d’achat d’un téléphone se définit parla qualité de l’appareil avant tout. En Juin 2010 j’ai pu acquérir mon premier appareil semi-pro un canon 20d qu’un ami ma pris d’Ebay. J’ai ensuite pris le visa et parti le chercher avec un billet d’avion qui m’avait coûté dans les 600 dhs , A/R. En 2010 , je travaille encore comme chef de service informatique dans une assurance et autant dire , que je ne vis pas ma vie. Je n’ai pas le temps de profiter de mon appareil. En février 2011, la découverte de l’article sur le crowdfunding à propos de mon livre me donnera la force et le courage de quitter mon travail ,pour vivre mes passions.

Il faut croire que la chance m’avait dans son bon vouloir , puisque suite à la publication sur mon ancien blog d’un article sur l’Amith et Festimode , Jamal Abdennasser , directeur de festimode m’avait offert un pass pour les 4 jours de festimode où j’étais assis parmi les photographes. L’évent allait avoir lieu 2 mois plus tard. Disposant de tout mon temps , j’ai lu et relu le manuel et me suis lancé dans la maîtrise non de la photographie , mais de l’appareil que j’avais.Festimode aura été un examen pour moi. Après chaque soir , je publie mes photos et des personnes m’ajoutent comme ami sur facebook. En 4 soirées ma liste d’amis sur facebook s ‘est vu enrichie par toute une communauté de mannequins , styliste , maquilleurs , jeunes mannequins , ce qui m a permis de faire d’autres photos de mode et de produire le Guide “Comment devenir mannequin au Maroc” , pour répondre aux très nombreuses questions que je recevais. Ce guide n’est rien de plus que l’adaptation pour les mannequins de ma démarche de communication faite pour mon livre bribes de vie publié quelques mois plus tôt sous le titre facebookers influenceurs .

Depuis festimode en mai 2011 jusqu’à decembre 2012 , j ai donc pu aller faire des photosdans plus de 60 évènements de la twittoma et culturels, avec un très grand plaisir de faire des photos , mais aussi de faire des rencontres et exporter le virtuel au réel. Les plus importants évènements artistiques auront été le Festival Gnawa 2011, Le Moonfest Lala Takerkoust ,Mawazine 2012 et race Of Morocco 2012. En Janvier 2012 , j’assiste en tant que photographe bénévole à opération smile morocco dans leur mission à Azemmour . Une expérience humaine exceptionnel et le bémol, mon objectif 70-300 Tamron stabilisé tombe et devient inutilisable ,alors que je venais de l’acheter. Cette épisode est important car il va m’amener réfléchir pour créer mon site de photographie. Je réponds aussi avec le site à la demande des personnes qui voulaient des prestations payantes et qui désiraient voir mon travail mais qui n’étaient pas forcément sur facebook. Ma plus grande satisfaction aura été cette intention lancé par TaherAlami et Simohamed Bensoltana pour m’offrir un appareil photo ! Une attention émouvante et  incroyable. Telle est mon histoire avec la photographie.

Question 2 : Ce qui te guide dans ta recherche photographique, des conseils pour les débutants.

On pourrait croire que je suis un photographe d’instinct , mais je suis avant tout à la recherche d’une beauté artistique. Que ce soit avec des personnes , des moments où des lieux , j’essaie de faire en sorte que la photographie exprime les mots qui me viennent à l’esprit lorsque je ressens les choses. Car bien évidement , il faut pouvoir ressentir les choses ou plutôt cette aura imperceptible qui existe en tout et chez tout le monde. Quand on réussit cet exercice alors la photo prise a sa propre existence , pourvu que l’observe. Elle ne laissera personne indiffèrent.Au débutants je recommande de croire en soi, en sa passion. De surtout ne pas écouter toutes ces personnes qui se dresseront sur votre chemin pour vous dire que vous n’êtes pas et neserez pas un photographe. Peu importe , Croyez en vous et il y aura toujours des personnesinconnues , que vous ne connaissez pas et qui vous rassureront en vous parlant de leursimpressions sur une de vos photos.N’attendez pas d’avoir un appareil pro pour vous lancer dans cette passion . Si vous êtespassionné par la photographie alors un téléphone fera l’affaire.

Question 3 : Parle nous de ce projet photo dont le sujet est les yeux, l’histoire de ce projet photo?

La galerie des regards féminins est une idée qui vient d’un texte écrit en 2011 : “Son regard”Il faut savoir qu’au début , il n y avait pas de yeux dans le texte.Un jour , je croise une personne à L’Encg de Casablanca dont le regard me trouble , je lui demande de prendre en photo ses yeux. Elle accepte. Je vais ainsi demander parfois à des inconnues que je ne connais pas leur autorisation pour prendre en photo leurs yeux. Rare sont les personnes qui ont refusées. Au bout d’un an j’ai remarqué que le texte illustré par les regards que j’avais pris était le plus consulté et partagé sur facebook. En bon communicant , je me suis dit qu’il y a là un potentiel ,une histoire à dire. Ce qui n’est pas faux , puisque chaque regard raconte sa propre histoire.J’ai alors demandé aux femmes qui souhaitent y participer d’envoyer la photo de leurs yeux en juillet 2012. Plus de 100 femmes ont envoyé leurs yeux avec parfois plus de 15 jours d’attente de son tour publication. Les hommes ont réclamé leur galerie, que j’ai crée. Mais seuls quelques courageux hommes ont bien voulu joué le jeu.Il y a un fait remarquable dans la galerie , c’est qu’une dame grand mère a participé , après avoir vue le regard de sa petite fille publié sur la page. N’est ce pas merveilleux !La galerie existe pour le simple plaisir et sans aucune contre partie , que ce moment de se sentir glisser aux fond de certains regards qui sont exceptionnels. y aura-t-il une suite de cette galerie ? C’est possible , je reste ouvert à toute suggestion ou idées

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Le photographe Zakariae Benkoudad.

La parole est donnée pour l’interview de ce soir au photographe Zakariae BenKoudad, il nous vient de Rabat  d’Oujda et il fut parmi les premiers que l’on a découvert sur cet espace il y a plus d’une année. Un style de photographie partagé entre la photographie de rue et la macrophotographie dont il excelle assez bien. L’architecture est aussi parmi les domaines de sa prédilection en photographie et il la réussit très bien au vu de ses clichés. Sans plus attendre on vous le laisse avec IzackBen pour  nous raconter son histoire avec la photographie et ses projets à venir. Allez très bonne lecture…

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Question 1 : On veut bien connaitre ton histoire avec la photographie, raconte.

La photographie est une passion que j’ai trainé avec moi depuis les années du lycée. j’avais un compact qui shootait du 1 MP et j’ai passé tout un été à prendre des photos, composer et essayer de faire sortir quelque chose de « pas classique » ou plutôt quelques chose qui sortait de l’ordinaire et du cadre classique. depuis ce temps, j’ai continué dans ce sens, sans pour autant m’approfondir dans le domaine. jusqu’à l’achat de mon premier reflex avec mon premier salaire, ou je commençais à découvrir une autre facette de la photographie. j’ai donc commencer à lire et a chercher un peu partout comment améliorer mes connaissance et raffiner mes compétences.

Question 2 : Les sujets qui tu t’interdit de prendre en photo et pourquoi ?

Je ne pense pas qu’il est question de s’interdire des sujets ou des thématiques, c’est plus une question de principes et d’éthique par rapport la société. dans ce sens ma devise est simple « je prends des photos que je pourrai montrer à mes parents »

Question 3 : Parle nous un peu de ton bébé, je parle là de PixelyMaroc ; site de photographie dont tu es l’auteur.

En fait, l’idée de base de Pixely était de mettre en avant les photographes marocains en postant chaque jour une photo avec son auteur et les liens vers son portefolio et ses coordonnées 2.0 Mais maintenant le projet est en standby en vue de trouver une meilleure façon de représenter ces photographes et avoir un plus à donner à la photographie marocaine! de ce fait je suis ouvert à vos suggestions.

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La photographe Imane Sifeddine.

L’invité de notre 3Q de la journée est la photographe Imane Sifeddine, il est jeune et assimile bien cette photographe du splendide et de l’instant fugace. Un talent exceptionnel pour la photographie des paysages, adoratrice de la lumiere et c’est l’essentiel quand on est passionnée de photographie.

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Question 1 : Parle  nous de ta passion.

Imane Sifeddine , je suis née un 29 décembre , la photographie est une de mes passions que j’ai pu enrichir ces dernières années , C’est un art qui me permet de saisir une atmosphère, une émotion ou la beauté d’un objet ou d’une personne et de les immortaliser. ça demande de la patience, un regard artistique développé mais aussi de la technique.

Question 2 : Des conseils pour les débutants ?

 Mon premier conseil , c’est de bien travailler l’aspect technique de la photo, et de s’en débarrasser une fois bien assimilé , d’autre part , oubliez le bouton automatique sur votre APN , et puis INSPIREZ vous !

Question 3 : Parle nous d’une de tes photos, son histoire ?

Je vais vous parler d’une photo que j’ai prise dernièrement et que j’affectionne particulièrement. Lors d’une séance de repérage j’ai pu trouver un endroit assez sympathique pour une prise de photo, ce n’était pas facile car non seulement il faisait nuit et le quartier était dangereux, mais qu’en plus il était interdit de monter dans la résidence surtout avec un appareil photo à la main! Après une longue conversation avec le responsable de sécurité j’ai pu enfin avoir mon OK, et voilà le résultat: et oui je suis une aventurière, amoureuse de la nuit et du risque, mais surtout fascinée par les lumières de ma ville .

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