Je voue une admiration sans faille pour celui qui, à mes yeux, est le plus grand photographe de tous les temps : Henri Cartier-Bresson. Il est pour moi le photographe de l’humanité dans sa parfaite singularité et sa globalité. J’ai donc envie de partager avec vous ces rares instants où il s’est laissé photographier, tout photographe devrait un jour à son tour passer sous les feux de la sensibilité d’un film. Toutes ses idées sur la photographie sont des repères pour chaque photographe amateur. Le photographe qui veut s’imprégner de la photographie de rue « Street photography » doit se ressourcer auprès de ce grand maître. Il a ce sens unique de faire passer son message via les mots les plus clairs et les contrastes les plus simples-délicats ; un photographe qui, aux côtés d’Edouard Boubat, incarne cette photographie à la fois facile et complexe.

L’appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l’instrument de l’intuition et de la spontanéité, le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour « signifier » le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l’on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C’est par une économie de moyens et surtout un oubli de soi-même que l’on arrive à la simplicité d’expression.
Photographier : c’est retenir son souffle quand toutes nos facultés convergent pour capter la réalité fuyante ; c’est alors que la saisie d’une image est une grande joie physique et intellectuelle. Photographier : c’est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l’organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait. C’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre. Henri Cartier-Bresson
Je suis sans voix devant le travail de ce grand homme, ses photos de la rue qui n’épargnent aucun détail de la scène, ses cadrages -référence pour l’amateur que je suis-, son regard qui shoote cette composition unique, sa rapidité dans la prise sans fausser, son attitude et cette lumière magique qui ressort toujours dans ses films. Un photographe unique je vous dis. S’il est vrai qu’il n’y a pas de recette magique pour photographier dans la rue, la façon de faire de Cartier-Bresson est unique et globale dans sa vision et ce n’est pas pour rien qu’on le qualifie de photographe social. Dans les trois vidéos-sujets de cet article, on verra comment Cartier-Bresson passe inaperçu dans la grande foule et comment il joue ce rôle de témoin d’une fraction de temps qui ne reviendra jamais. Un grand photographe qui nous emmène dans ses vagabondages photographiques, une leçon gratuite pour tout photographe qui aspire un jour exceller dans ce genre de photographie.



















